Festival de Bellac

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Les poussières de C

L'écriture de la talentueuse Marion Guilloux, une des fers de lance du Collectif saint-juniaud Champ Libre, au service de l'âpre histoire de deux amies.

C. et la narratrice sont amies. De longue date. La première part vivre à Moscou sur un coup de tête, la seconde décide de la rejoindre – pour voir, pour comprendre un pays qui lui est en tout point étranger. S’ensuit un voyage initiatique au féminin, une quête de soi, de l’autre, à l’époque des nuits blanches. Une conquête d’un corps immortel à travers la fréquentation des extrêmes.

Les Poussières de C. est avant tout une réflexion sur l’absolu qui pousse toutes les grandes amitiés à aller jusqu’au bout d’elles-mêmes. Pour se prouver que l’on est vivant, avec l’autre, qu’il n’y a pas de finitude possible dans les aventures que l’on se promet à deux. Puisque l’on est deux.

La pièce reçoit le Prix Hypolipo 2017, créé cette année-là et décerné par la maison des écritures et des écritures transmédias (M.E.E.T) à Orcet (63).

« Les Européens de l’ouest, que nous sommes, ont bien du mal à faire de l’immense Russie un territoire imaginaire : elle nous dépasse. Nous nous contentons à quelques exceptions près de l’appréhender à travers une série de clichés, de caricatures. Et souvent nous l’ignorons, à la différence de l’Amérique qui a nourri tant de fois notre littérature, notre cinéma, etc. Marion Guilloux, dans sa très courte pièce composée d’un prologue, d’un épilogue et de 15 « moments », pourtant se transporte dans la Russie de 2015, celle de la région de Moscou et de ses tristes banlieues grises et des nuits blanches. Nous suivons la trajectoire de deux filles : la narratrice, d’une part, qui dit « je », construit ainsi dans le langage dramatique un monologue central, narratrice dont nous ignorons le nom, et d’autre part son amie installée dans la capitale russe, dont une seule lettre, C, constitue son identité anonyme et secrète, déjà en voie de disparition. (…)

Le séjour est aussi le temps de ce qui se défait inexorablement entre les deux jeunes femmes.

[Marie du Crest, La Cause littéraire, 26 juin 2019]

Comment dire l’émotion ? Comment faire partager ce tremblement qui vous saisit, chaque fois que le souvenir fait retour, alors même que l’objet qui l’a causé s’éloigne, dans le temps et dans l’espace ? Par l’écriture, bien sûr, cette providence des voyageurs (…)

[L’auteure] plonge dans le délire baroque et concassé du Moscou post-soviétique, peut-être le seul lieu de la planète où toute folie est possible, et où le délire le plus radical semble moins qu’une étincelle dans un feu de forêt. De cette quête sauvage d’absolu qui est aussi un chant d’amour désespéré, C. ne reviendra pas, engloutie par la Russie orthodoxe, sa démesure et sa violence. Car c’est bien elle, la Russie, personnage centrale et dionysiaque de cette Odyssée (…) De ce périple en enfer, Marion Guilloux a ramené un texte sauvage et doux, un livre de rire et de sang, de tendresse et de mort. Il lui faudra deux ans pour accepter l’idée qu’elle seule, avec sa voix et son corps, pouvait donner à entendre dans toute sa force ce long poème barbare ? Elle le fait avec sa chair, et la seule ponctuation d’une guitare et d’une caisse claire, proche à toucher les spectateurs. Comme les conteurs aux temps anciens. »

[François Bussac, La Nouvelle Abeille de Saint-Junien, 12 décembre 2019]

Autrice et comédienne : Marion Guilloux

Mise en scène : Charles Meillat

Création musicale et interprétation : Gaspard Guerre et Joaquim Pavy

Création lumières : Martin Peylet

Production : Champ Libre

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