Les compagnies en résidence de création

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Arthur Amard

TANT QU'IL Y AURA DES BREBIS (Titre provisoire)

À partir d’entretiens réalisés avec des tondeurs et tondeuses de mouton.

Création et première représentation nationale au Théâtre du Cloître, mercredi 26 juin 2019 en ouverture du 66e Festival national de Bellac.

Note d’intention

Sur scène, deux tabourets, un acteur et une actrice. Ils s'adressent aux spectateurs. Ils chantent parfois. Ils vont jusqu'à danser. Enfin, ils jouent. Et ils donnent à entendre la parole d’une communauté d’artisans dont on soupçonne rarement l’existence : Celle des tondeurs et tondeuses de moutons. Nous voulons mettre en scène ce savoir-faire nécessaire et vieux comme la laine. Nous voulons le faire avec la simplicité qu’ont les tondeurs et tondeuses en arrivant sur une ferme pour y installer leur chantier de tonte. Nous avons l’envie d’évoquer le pastoralisme sans nostalgie, passéisme, ni folklore artificiel, de laisser entendre le rapport au monde qu’il implique et défend, et entrevoir combien il nous semble riche et pertinent aujourd’hui. Nous voulons parler d’un métier qui réinterroge nos habitudes dans le travail par sa singularité. Nous avons l’envie de dépeindre une technique qui, à force de précisions et d’ajustements, devient un art, une danse. Enfin nous ne voulons pas d'une oeuvre muséale sur la tonte : nous voulons jouer de tout cela.

Genèse du projet   

Lors de l'été 2015, alors que je travaillais comme ouvrier agricole chez un ami d’enfance tondeur et paysan, celui-ci m’emmène à la Fête de la Tonte à Seissac. « Tu verras ils sont comme toi », me dit-il. Je découvre alors la communauté des tondeurs et tondeuses de moutons : si soudée en apparence et si accueillante, si joyeuse de se retrouver, si petite et si importante, si fière aussi et qui met en scène sa propre virtuosité lors de concours. Je découvre encore la laine, les laveries, les filatures, le feutre, le textile, et les milles usages d’une matière vivante. Assez vite, lors de cette fête, les récits que j’entends me donnent des envies de théâtre. Me vient en tête l’obsédante évidence de porter à la scène cette parole rare, défenderesse d’une vision de la paysannerie qui fait sens pour moi, et chargée de passions inattendues autant que troublantes. Arthur Amard

Une parole délaissée et nécessaire

Quelques jours plus tard, j'apprends que l'entreprise Monsanto tente de racheter la société d'agrochimie Syngenta. Le contraste m'interpelle entre les ouvriers et artisans moutonniers réunis dans la fête et cette fusion annoncée de deux géants de l'agro-industrie qui, au nom du profit, imposent leurs lois au monde agricole. Le même été encore, j'assiste à une manifestation de paysans qui déversent de la boue, des pneus et de la paille – le fumier est trop précieux – devant une enseigne de la grande distribution pour protester contre la baisse des prix du porc et du lait. Le spectacle est sublime, mais rien n'y a fait : cet été là, les prix ont baissé. Ces évènements à la suite m'ont remis au coeur ce que je croyais déjà savoir : les agriculteurs et agricultrices ont peu la parole, sont de moins en moins nombreux, et toujours plus serviles face à l'industrie. Et rien ne change, tous les deux jours en France un paysan se suicide. Je voulais donc participer d'une façon ou d'une autre à porter leur voix. Et parmi eux m'ont touché singulièrement les moutonniers, rebelles à la loi du marché parce que le mouton se vend mal et qu'ils travaillent par passion ; et plus précisément encore les tondeurs, qui n'ont pas de statut légal, s'auto-organisent, et résistent à l'industrialisation puisque leur métier ne s'automatise pas ou trop mal. Ils incarnent d'une certaine façon une vivante alternative au système agricole dominant. C'est par leur prisme que nous verrons le monde paysan.

 

L'équipe artistique

Arthur Amard (Comédien)  Après une formation littéraire en khâgne à Lakanal et à l’université de Leipzig, et une formation en jeu avec Marc ERNOTTE notamment, et Lionel PARLIER à l’ENS rue d’Ulm, il intègre la promotion 27 de l'École de la Comédie de Saint-Étienne, où il travaille entre autres avec Alain FRANÇON, Cyril TESTE, Matthieu CRUCIANI, Bruno MEYSSAT, Aristide TARNAGDA. Il poursuit en parallèle son apprentissage des arts du cirque, de l’accordéon et du chant. Depuis 2017 il joue sous la direction d’Élise VIGIER et de Marcial DI FONZO BO dans M comme Méliès, puis avec Pierre MAILLET, dans Le Bonheur (n’est pas toujours drôle). Depuis septembre 2018, il est stagiaire observateur à La Cascade-Pôle National des Arts du Clown et du Cirque. Au cinéma, il a reçu plusieurs prix pour son rôle dans Ambre, court-métrage de Gabriel MIRÉTÉ, dont meilleur acteur aux festivals internationaux de Saint-Tropez et du TMFF de Glasgow. Par ailleurs, il est tondeur de mouton professionnel.

Léa Carton de Grammont (Metteuse en scène)  Après une classe préparatoire littéraire, elle entre en master de Lettres et Arts à l’Université Paris 7- Diderot. Parallèlement, elle suit une formation de jeu aux Conservatoires du XIXème et du VIIIème arrondissement, où elle écrit et met en scène ses premiers spectacles. Elle continue de se former, en tant qu’assistante à la mise en scène, auprès d’Abdel HAFED BENOTMAN (Les Aimants), Marc ERNOTTE (Le corps sonore, dis-je), Michel RICHARD (Ruy Blas) et Keti IRUBETAGOYENA (Ordonne tes restes). De 2015 à 2018, elle suit la formation de mise en scène de l’ENSATT. Elle fonde PTUM CIE / Prends-toi un mur si t’es vivant, à l’occasion de son projet de fin d’études, La Parabole de Gutenberg, qu'elle écrit et met en scène. Elle entretient une longue collaboration avec Victor THIMONIER (Cie Les Temps Blancs), metteur en scène pour lequel elle écrit Une brève histoire de la Méditerranée (publié chez Lansman éditeur). Elle est actuellement dramaturge pour sa prochaine création, une adaptation du Mont Analogue de René Daumal. Léa accompagne également Émilie Anna MAILLET (Cie Ex voto à la lune), comme assistante à la mise en scène et dramaturge, pour le spectacle Kant, puis pour le triptyque Jeu de massacre.

Maybie Vareilles (Comédienne)   Maybie entame sa formation de comédienne à Montpellier à l'université et au conservatoire. Elle se rompt parallèlement à la pratique de l'équitation. En 2014 elle rentre dans la 27e promotion de l'école de la Comédie de Saint-Étienne, parrainée par Pierre MAILLET. Elle se forme ainsi sous la direction de Guillaume BÉGUIN, Matthieu CRUCIANI, Alain FRANÇON, Bruno MEYSSAT, Arnaud MEUNIER. Depuis sa sortie, elle joue et danse dans Helen K, mis en scène par Elsa IMBERT, et dans L'Éducation sentimentale, mis en scène par Hugo MALLON.

 

Production déléguée : Comédie de Caen

AUTOUR DU SPECTACLE

Voir le détail

Présentation d'une étape de création > Jeudi 18 avril à 20H à la salle des fêtes de Blond. Apéro offert et auberge espagnole à l'issue de la présentation pour prolonger le temps d'échange avec l'équipe artistique.

Avec : Arthur Amard et Maybie Vareilles

Mise en scène : Léa Carton de Grammont

Regard chorégraphique : Cécile Laloy

Travail vocal : Myriam Djemour

INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS

05 55 60 87 61
info@theatre-du-cloitre.fr

THÉÂTRE DU CLOÎTRE

Association Bellac sur Scène
Rue Gérard philipe
87300 Bellac
Haute-Vienne • Limousin

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